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Thomas Scialom, Research scientist & Partner chez reciTAL

Le Traitement automatique du langage au service de la performance et du développement


Interview de Thomas Scialom, Research scientist & Partner chez reciTAL

 

1/ Pouvez-vous nous présenter rapidement reciTAL ?

reciTAL est un éditeur de logiciel spécialisé dans le traitement automatique du langage (TAL). Nos deux principaux produits permettent de gérer les emails en entreprise et de rechercher des informations dans une importante quantité de documents. Nous avons fondé la société il y a maintenant deux ans. reciTAL compte 16 collaborateurs, dont 4 PhD en IA et est accompagnée par un conseil scientifique de renommée internationale : Stuart Russel et Antoine Bordes.

Nos logiciels sont en production chez Crédit Agricole, Natixis et CNP. Nous sommes auto-financés et n’avons pas levé de fonds.

2/ Quelle proposition de valeur mettez-vous en avant pour les entreprises ?

Nous proposons aux entreprises de supprimer les taches récurrentes pour libérer du temps. Nos solutions sont déployables chez un client (on premice) en un mois, de l’annotation des données à l’intégration dans le système d’information. En IA l’annotation est importante : il faut montrer des exemples à la machine pour qu’elle apprenne. Pour le traitement des mails par exemple, la plupart de nos concurrents demandent des milliers d’emails, parfois des millions ce qui est chronophage. Notre solution est capable d’apprendre mieux avec seulement une centaine d’exemples et en une dizaine de minutes seulement…

Mais au-delà de l’IA, c’est surtout un logiciel complet, qui offre de nombreuses fonctionnalités comme la possibilité d’éditer des réponses, extraire des informations, lancer des process, avoir une vision de l’activité à travers un outil de reporting, détecter les demandes importantes, prioritaires, les clients mécontents à travers de « l’analyse de sentiment », etc.

3/ Quel enjeu autour des projets que vous menez (data, intégration…) ?

Maintenant que notre solution a fait ses preuves auprès de nos premiers clients, l’enjeu pour reciTAL est de nous déployer le plus rapidement possible. Nous développons une expertise particulière pour le traitement de la langue française.

A ce propos, la vaste majorité des données accessibles pour entrainer des intelligences artificielles sont en anglais et chinois. Cela veut dire que l’IA est moins performante dans les autres langues. Le français est presque inexistant. Chez reciTAL, grâce à un effort de recherche important, tous nos produits sont multilingues et fonctionnent aussi bien en français qu’en anglais ou en allemand.

Nous voulons aller un cran plus loin : créer le premier jeu de données de questions réponses francophone. Ce sera open source pour permettre à l’ensemble de la communauté scientifique de travailler dessus et ne plus laisser le français hors-jeu. Un premier pas important lorsque dans son dernier rapport, l’Organisation Internationale de la Francophonie nous rappelle que le français va rester la seule langue « mondiale » avec l’anglais.

4/ Un commentaire particulier sur le marché de l’IA en France ?

L’IA était au centre de toutes les attentions l’année passée, parfois qualifiée à juste titre de bulle. Certaines entreprises, de peur de rater le train, se sont lancées dans des projets sans véritable objectif, autre que ‘faire de l’intelligence artificielle’. Je crois que cette phase d’observation du marché est révolue. Les acteurs se recentrent vers leurs vraies problématiques et se tournent vers l’IA lorsqu’elle est nécessaire pour y répondre. Nous entrons dans une phase de maturité.

 


Pour en savoir plus : https://recital.ai/

Et vous, qu’allez-vous pouvoir développer avec l’IA dans votre métier, votre entreprise ? 2 jours pour le découvrir !